Matthieu Cassin (IRHT-CNRS, Paris)
La Panaghia de Chalki est (re-)fondée à la fin du 15e siècle, mais ne prend son plein développement qu’avec l’arrivée, en 1629, des moines du monastère du Prodrome de Sozopolis. Au contraire, la Sainte-Trinité est (re-)fondée peu avant le milieu du 16e siècle, par le futur patriarche de
Constantinople Métrophane III ; elle acquiert d’emblée une certaine importance. Les modalités de constitution des deux bibliothèques sont assez différentes : s’il s’agit dans les deux cas de bibliothèques monastiques, dont le fond se doit de comprendre au premier chef les livres nécessaires à la pratique liturgique et ascétique, les physionomies de l’une et de l’autre sont assez dissemblables, tant pour les modalités d’acquisition (copie, achat ou dons de livres neufs, ou au contraire de livres anciens), pour les livres privilégiés (livres monastiques vs autres domaines culturels), pour la valeur des manuscrits, la place respective des manuscrits et des imprimés, les activités de copie, de restauration et de reliure, mais aussi pour l’évolution des fonds dans la longue durée. On cherchera donc à dégager les grandes lignes de l’histoire de ces deux bibliothèques et les modèles institutionnels qu’elles dessinent.


De fait, le livre byzantin se signale d’une manière générale par sa grande sobriété décorative, qui surprend toujours l’œil habitué aux exubérances des enluminures occidentales. Pour les manuscrits grecs de facture peu luxueuse, l’ornementation se réduit souvent à de simples bandeaux tracés à l’encre de rubrication, avec des motifs d’entrelacs, de végétaux ou de formes géométriques, laissant une place somme toute assez restreinte à la fantaisie.


